Cette expertise collective de différentes thérapies est réalisée sous l’égide de l’Inserm à la demande conjointe de la Direction générale de la santé et de deux associations de patients, l’Unafam et la Fnap-psy. Elle dresse un état des lieux de la littérature internationale sur l’évaluation de l’éfficacité de trois approches psychothérapiques: psychodynamique (psychanalytique), cognitivo-comportementale, familiale et de couple.

Thérapie-Réussite Pro-Lille

Psychothérapie : 3 approches évaluées

Canceil O., Cottraux J., Falissard B., Flament M., Miermont J., Swendsen J., Teherani M., Thurin J.M. (2004). Inserm.

Les principaux résultats des études d’évaluation sont présentés pour les troubles anxieux, les troubles de l’humeur, la schizophrénie, les troubles des comportements alimentaires, les troubles de la personnalité, et l’alcoolodépendance chez l’adulte. Les travaux spécifiques réalisés chez l’enfant et l’adolescent ont également été analysés.

Les conclusions : La thérapie psychanalytique avait une efficacité validée dans un seul trouble sur les 16 étudiés : les troubles de personnalité. Les TCC elles aussi avaient une efficacité prouvée dans les troubles de personnalité, mais avec un plus grand nombre d’essais contrôlés. Les thérapies familiales avaient une efficacité prouvée dans cinq syndromes. Il concluait à une efficacité prouvée des thérapies cognitives et comportementales dans 15 troubles (ou syndromes) sur les 16 étudiés.

Enfin le rapport INSERM et ses conclusions n’étaient pas différents du rapport de l’OMS de 1993, et du rapport du département de santé anglais de 2001. Il ne diverge pas fondamentalement du rapport Fonagy de l’Association Psychanalytique Internationale (dont on évite de parler dans les milieux analytiques et dans les médias) qui est beaucoup plus sévère dans l’autocritique, que le rapport INSERM sur la psychanalyse et ses dérivés.

L’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale : une revue des méta-analyses

Hofmann, S. G., Asnaani, A., Vonk, I. J. J., Sawyer, A. T., & Fang, A. (2012). Cognitive Therapy and Research.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une approche thérapeutique populaire qui a été appliquée à divers problèmes. L’objectif de cette revue est de fournir une étude complète des métanalyses examinant l’efficacité de la TCC.  Un échantillon représentatif de 106 méta-analyses a été examiné pour les problèmes suivants : trouble de la toxicomanie, schizophrénie et autres troubles psychotiques, dépression et dysthymie, trouble bipolaire, troubles anxieux, troubles somatoformes, troubles de l’alimentation, insomnie, troubles de la personnalité, colère et agressivité, comportements criminels, stress général, détresse due à des conditions médicales générales, douleurs chroniques et fatigue, détresse liée aux complications de la grossesse et conditions hormonales féminines.

Des revues méta-analytiques supplémentaires ont examiné l’efficacité de la TCC pour divers problèmes chez les enfants et les adultes âgés. Le plus fort soutien existe pour la TCC des troubles anxieux, des troubles somatoformes, de la boulimie, des problèmes de contrôle de la colère et du stress général.

Onze études ont comparé les taux de réponse entre la TCC et d’autres traitements ou conditions de contrôle. La TCC a montré des taux de réponse plus élevés que les conditions de comparaison dans 7 de ces revues et une seule revue  (Leichsenring & Leibig, 2003), conduite par des auteurs d’orientation psychanalytique, a rapporté que la TCC avait des taux de réponse plus faibles que les traitements comparatifs. En général, la base de preuves de la TCC est très forte. À l’exception des enfants et des personnes âgées, aucune étude méta-analytique de la TCC n’a été rapportée sur des sous-groupes spécifiques, tels que les minorités ethniques et les échantillons à faible revenu.

Il est manifeste que le fondement factuel de la TCC est énorme. Étant donné le rapport coût-efficacité de l’intervention, il est surprenant que de nombreux pays, y compris des pays développés, n’aient pas encore adopté la TCC en tant qu’intervention de première ligne pour les troubles mentaux. Une exception notable est l’initiative Améliorer l’accès aux thérapies psychologiques (Improving Access to Psychological Therapies) de la Commission Nationale de la Santé (National Health Commissioning) au Royaume-Uni (Rachman et Wilson, 2008). Nous estimons qu’il est temps que d’autres emboîtent le pas.

Source : Inserm (dir.). Psychothérapie : Trois approches évaluées. Rapport. Paris : Les éditions Inserm, 2004, XII- 553 p. – (Expertise collective). – http://hdl.handle.net/10608/146